Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
AVALI avali, a rivistablog primurosa di u spannamentu di a pruduzzioni litteraria corsa d’oghji, ma à tempu locu di baratti è di critica suciali.

MATINA LATINA

marceddu
Comment nomme-t-on ce moment où la nuit s’arrache aux flancs des monts, que le ciel s’éclaire d’un bleu infini, et que les vallées s’éveillent à un jour nouveau, limpide, cristallin ? En corse, cela porte un très joli nom : una matina latina, un matin radieux, mais cela pourrait tout aussi bien s’appeler « espoir ».  L’espoir de voir se poursuivre une aventure commencée voilà bien des siècles, celle de la langue corse et de sa littérature.

Il y a des évidences qu’il faut réaffirmer, marteler sans cesse, sous peine qu’elles ne se dissipent. La Corse est une terre de latinité ; notre langue est italique ; nous sommes les héritiers d’une antique culture tyrrhénienne née entre Corse, Sardaigne et Toscane.

Ainsi, notre littérature n’émerge-t-elle pas des quelques décennies écoulées. Elle peut s’adosser au prestigieux passé de la littérature toscane puis italienne, celle de Dante Alighieri, de Boccace, de Torquato Tasso, de l’Ariosto… Elle peut se revivifier aux sources jamais perdues, toujours renouvelées de la littérature orale, des strufetti, des terzetti, des chjam’è rispondi.

Nous savons d’où nous venons. Et nous savons vers quel horizon nous diriger. À une époque comme celle que nous vivons aujourd’hui, ces temps d’intolérance, de remise en cause des libertés politiques, des droits des peuples et des hommes, nous voulons affirmer que la littérature en langue corse (et peu importe d’ailleurs la langue dans laquelle elle s’exprime) renforce dans les faits l’esprit critique ; elle contribue à unifier un nombre croissant de Corses dans la recherche de l’émancipation, dans un désir d’élévation spirituelle, dans l’aspiration active et collective à la vérité, à la dignité, à la beauté.

En Corse, nous subissons une violente conversions aux valeurs d’un monde fait de consommation égoïste et de négation des identités culturelles originales. Dans ce contexte, la poésie, la littérature ne peuvent plus être un simple passe-temps intellectuel ; elles doivent intégrer un processus culturel et spirituel de résistance à l’assimilation. À travers poèmes et récits, nombre de jeunes corses expriment leur choix pour la vie, une vie resplendissante, en toute liberté, dans un environnement hostile qui ne cesse de se dégrader. La poésie, la littérature sont une nécessité quand la vie devient barbare.

C’est là le projet de l’Associu Matina Latina, fondé en 2002 :

promouvoir la langue corse par l’élaboration d’un dictionnaire général ; soutenir la production littéraire d’ici par l’édition (d’où le partenariat engagé avec les éditions Cismonte è Pumonti dirigées par Rinatu Coti et Ghjuvan Petru Graziani) ; consolider les passerelles culturelles et humaines qui nous unissent aux rivages méditerranéens proches et lointains (ainsi, Matina Latina, associé à U Cumunu di Aggius*, organise chaque année un concours de nouvelles en langue corse, U Cuncorsu di conti Gadduresi è Corsi). Et nous revoilà au cœur de la latinité.

J’ai dit « espoir », à présent je dirais «certitude », la certitude de voir se poursuivre cette aventure vieille de plusieurs siècles.



* Commune de Gaddura, région corsophone sur la côte Nord de la Sardaigne.



Marceddu Jureczek t’hà 34 anni. Hè natu in Aiacciu è ci insegna u corsu in liceu prufiziunali. Prisidenti di l’associu Matina Latina, hè u capiridattori di a rivista Avali è sicritariu di ridazzioni di u misincu U Taravu. Parechji di i soi i scritti, part’è più raconti, sò stati publicati in i rivisti mintuvati, in Bona Nova è le Journal de la Corse. U so prima rumanzu Ghjuventù Ghjuventù... hà ricivutu u premiu 2007 di u libru corsu cuncessu da a Cullittività Tarrituriali di Corsica. U so sicondu libru, U Vantu di a Puvartà, un assaghju, hè sciutu di pocu.

Commentaires