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AVALI avali, a rivistablog primurosa di u spannamentu di a pruduzzioni litteraria corsa d’oghji, ma à tempu locu di baratti è di critica suciali.

EVASION

marceddu




    Etions-nous tous semblables ? Non. Chaque ouvrier est porteur d’une histoire qui va le différencier de son compagnon. Cessons de stéréotyper le monde des travailleurs…


   Nous n’avons pas, comme le fait croire la bourgeoisie, de profil type. Laissons tomber l’image d’Epinal ! Le « litron », le « calendos », la musette, c’est bon pour Zola. Pour moi, mon compagnon ce n’est pas un bleu de travail, une main calleuse, c’est ce qui se voit, se connaît du dedans malgré le « maquillage ».


   Etions-nous tous semblables ? Oui. Chaque ouvrier subit, construit son histoire avec celle de la classe ouvrière. Il est uni au compagnon par le pouvoir de vie et de mort qu’exercent les machines contre lui. Il ne peut pas effacer de sa mémoire la vision du copain écrasé et de tous ceux qui perdent un doigt, une main, un bras où crèvent à petit feu de maladies professionnelles, d’usures prématurées…

 
   L’heure du Ricard, des regards, des mots arrêtés brutalement, des non-dits… Tout ça n’empêchait pas le système de fonctionner sans trop de ratés… Son poids, je le sentais sur mes épaules, oppressant, guidant mes pas dans ce servage industriel et technique vers je ne sais quelle mort… même si, pour des gars comme Tatave, je devais ma force, mon bouillonnement, ma révolte à ma seule jeunesse.


    Etait-ce suffisant comme explication ? Pouvait-il avoir raison lorsqu’il prétendait qu’avec le temps on devient plus sage, plus raisonnable et qu’on perd illusions et rêves, bref qu’on finit en ne croyant plus en rien ? Cette vision de l’avenir, je ne pouvais pas l’accepter. Je refusais d’admettre que jeune on vit, adulte on sommeille, vieux on dort. Quoi qu’il en soit, je me jurais de ne pas faire mienne une telle philosophie quoi qu’il arrive, quoi qu’il en coûte.


   Voilà où se baladaient mes pensées au pied de mon rabot, car quoi qu’en disent les idées toutes faites, on pense toujours même devant une machine. Durant ces longues heures où les mains agissent toutes seules… qu’est-ce qu’on peut faire d’autre que songer ? Songer à l’évasion. L’œil se retour dans la tête, on se projette, on rêve, on s’imagine ce qu’on va faire après, ce qu’on pourrait faire s’il n’y avait pas cette machine, là devant.


   Sans tout cela, jamais un individu serait capable de reprendre le travail chaque jour. Il resterait au lit, aurait peur ou il deviendrait fou. Le fantasme nous habite tous, il est ce mal nécessaire pour pouvoir contourner, dépasser, biaiser toutes les contraintes. C’est à l’usine que j’ai le plus fantasmé.




Ghjuvan Petru Graziani, di Nucariu, scrittori, illustratori ed editori, hè un anzianu uparaghju spertu in mitallurgia di Renault Billancourt. Tandu, era impignatu in a Fédération anarchiste è in u Groupe anarchiste Renault (GAR). U GAR era prisenti sopr’à tuttu in u dipartimentu di l’usina chjamatu "l’artillerie" (postu ch’edd’era quì chì, duranti a Siconda guerra mundiali, erani custruiti i panzer à contu di l’armata nazista). In u 70a, Ghjuvan Petru hà scrittu à u Monde Libertaire è ancu à u biglittinu Prairial, publicazioni di u Groupe d’Etudes Sociales Renault (GESR). U gruppu anarchistu di Renault fù à l’iniziu di a greva di maghju 1973 chì durò trè sittimani "avant d’être récupérée par les staliniens de la CGT et les trotskistes de Lutte ouvrière". Fù da "l’artillerie" ch’edda scoppiò a greva, quandu, inveci chì a CGT prupunia una greva di 24 ori è basta, Ghjuvan Petru Graziani feci un parlamentu da cunvincia l’uparaghji di mova una greva illimitata. In 1986, cù Un ciel de fer (rumanzu, Ed. Cismonte è Pumonti), ci parla di a cundizioni uparaghja in l’usini di Francia è di u cumbattimentu soiu pà a dignità.
In 1977, criò a casa di dischi Vendémiaire. In 1978, publicheghja l’assaghju di Rinatu Coti, Intornu à l’essezza, in a cullizziò Paroli Sciolti. Pocu dopu, fundarani tremindù a casa d’edizioni Cismonte è Pumonti.
Di a so attività criatrici diviziosa, emu ritinutu Frombu (figuretti, 1984), La vie au bout (nuvelli, 1988), L’Affacchi (Figuretti, illustrazioni, 1989)

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