Ghjuventù, l'avvene sì tù ?
28
janv.
2010
D'après les résultats de pas moins de quatre études compilées par l'institut de sondage Ifop, le nationalisme corse, en ce début de XXIe siècle, serait en pleine mutation idéologique.
Quelques résultats en vrac :
- plus d’un corse sur dix se dit proche d’un parti nationaliste (11,6%) ;
- les jeunes y sont sur-représentés car 35% des sympathisants nationalistes ont moins de 35 ans ;
- les travailleurs indépendants (agriculteurs, artisans, commerçants) apparaissent en surnombre dans les rangs nationalistes ;
- 83% réclament plus de liberté pour les entreprises ;
- 75% estiment qu'il y a trop d'immigrés en France;
- 32% votent pour l’extrême-droite ;
- 41% seulement soutiennent l'indépendance de l'île ;
- les travailleurs indépendants (agriculteurs, artisans, commerçants) apparaissent en surnombre dans les rangs nationalistes ;
- 83% réclament plus de liberté pour les entreprises ;
- 75% estiment qu'il y a trop d'immigrés en France;
- 32% votent pour l’extrême-droite ;
- 41% seulement soutiennent l'indépendance de l'île ;
Les données complètes ICI.
Les militants autonomistes et nationalistes des années soixante dix, issus de la génération des baby-boomers, s'inscrivaient clairement à gauche, voire à l’extrême gauche, notamment dans une logique anti-coloniale et marxiste. Che Guevara, Fidel Castro, Boumediene, le FLN algérien, représentaient des modèles à imiter. Les but visés étaient la dénonciation du fait colonial en Corse et l'indépendance politique, purement et simplement.
L'internationale indépendantiste, représentée aux Journées Internationales de Corti reprenait d'ailleurs à son compte tous les combats des "peuples opprimés" : Kanaks, Palestiniens, Basques, etc. Cette frange des nationalistes est actuellement en perte de vitesse.
Depuis l'avènement de l'Union Européenne ainsi que la volonté affichée du gouvernement français d'une politique plus décentralisatrice, les nouvelles générations ont davantage de difficulté à se reconnaître dans ces combats d'un autre âge. Plus que la politique, c'est désormais la métapolitique, la culture, la langue, les traditions, la liberté d'entreprendre qui font l'objet d'un engouement sans précédent. Que Jean-Marie Le Pen, empêché d'atterrir en Corse dans les années 80 par des militants, reçoive désormais près de 32% des voix des nationalistes est une illustration éclatante du basculement (très) à droite du mouvement.
Marcel Jureczek
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